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Le Net, un bien commun

Par Admin, samedi 10 mars 2007 à 09:31 :: Actualités

Après Google, c'est au tour de MySpace, de Second Life et de bien d'autres d'envahir l'Europe. Les services les plus rentables du Web 2.0 sont investis, sans véritable concurrence, par des groupes, le plus souvent nord-américains. Et ce n'est pas faire preuve d'antiaméricanisme que de le dire. Bien que le réseau soit réputé homogène et réparti, le phénomène est centralisé à l'extrême ; toutes les données atterrissent dans des machines situées à Palo Alto ou ailleurs. Cette centralisation technique va de pair avec la concentration financière propre au capitalisme informationnel, qui considère les connaissances communes comme des sources de profit. Aujourd'hui, même Yahoo peine face à Google et ses 155 milliards de dollars de capitalisation boursière. C'est dire si, dans ce Monopoly mondial, l'économie européenne de l'Internet a déjà perdu. Nous serons digérés, à moins que nous ne décidions de changer brusquement les règles du jeu, techniques, juridiques et politiques.

Passer à l'Internet «centré» : de nombreux services centralisés peuvent être aussi bien réalisés sur un mode acentré, sans l'entremise d'aucun serveur, et donc d'aucun opérateur. Des exemples ? Maay (2), un moteur de recherche P2P développé par des chercheurs de France Télécom, effectue des recherches, certes moins massives que Google, mais plus «sociales», le tout sans aucun centre. VReng (3), conçu par des chercheurs de l'ENST, fonctionne comme Second Life, mais sans aucun serveur. IPv6, la future norme de l'Internet, gardée sous le coude depuis des années par les opérateurs de télécommunication, pourrait réaliser à la puissance dix ce que le P2P a préfiguré, c'est-à-dire l'échange symétrique entre tous les internautes, sans dépendre de tiers. La fondation internationale pour l'alternative P2P (4) et l'initiative française IPv6PourTous (5) l'ont montré : les opérateurs n'ont qu'à appuyer sur un bouton pour rendre cela possible. De quoi envoyer les travers monopolistiques du Web 2.0 au rayon des souvenirs.

Financer les auteurs de logiciels libres. Ce que les logiciels propriétaires font, les logiciels libres le font mieux encore. Selon certains candidats à l'Elysée, l'Etat s'y convertirait massivement. Mais qu'en est-il de les financer ? En soutenant la recherche et les sociétés de services en logiciels libres ? Sans doute. Mais il ne faut pas oublier d'autres acteurs essentiels. Les logiciels libres les plus créatifs sont souvent l'oeuvre de développeurs de tous horizons, travaillant, non pas selon les critères de compétitivité requis par les agences pour l'innovation, mais dans un esprit de coopération. Les usages qu'ils défrichent indiquent la voie à suivre. En France, le Parlement a quasiment déclaré hors-la-loi les auteurs de logiciels P2P. Outre-Atlantique, les industriels s'inspirent de leurs idées et aspirent les individus les plus brillants. Pour sortir de cette spirale dépressive, il faut soutenir, indépendamment des monopoles, les services et la recherche. Il faut aussi financer les auteurs libres d'une manière adéquate, par exemple sur le mode de l'autodétermination des projets et des crédits par les auteurs eux-mêmes.

Développer les biens communs. Les biens immatériels de l'Etat seraient beaucoup mieux valorisés si on leur donnait le statut de biens communs (6) librement exploitables. Un calcul simple : l'IGN (Institut géographique national) est financé à 50 % par l'Etat et trouve le reste de ses ressources en vendant ses cartes. A qui ? Essentiellement aux collectivités locales. Bref, l'IGN est financé à 100 % par les deniers publics. Donc, non seulement ses coùts de commercialisation sont totalement improductifs, mais le fait que ses données soient propriétaires entraîne que leur valorisation, en dehors des circuits publics, est quasi impossible. Il s'ensuit un déficit d'activités économiques et donc d'emplois. Cela qui est vrai pour l'IGN l'est aussi pour les organismes publics traitant de données statistiques, patrimoniales, urbaines, touristiques, etc. Et combien de brevets issus de la recherche publique, et même privée, attendant d'improbables projets industriels, pourraient être ainsi valorisés ? Aux antipodes de cela, les auteurs du rapport Lévy-Jouyet (7), commandé par Thierry Breton, proposent que l'Etat fasse un commerce forcené de ses biens immatériels. Peine perdue, face au capitalisme informationnel, il est vain de se protéger derrière des lignes Maginot. Le service public y perdrait définitivement son âme. Il coùte plus cher de vendre que de donner. Alors, donnons nos biens communs, à condition d'éviter leur prévarication ultérieure. Un réseau acentré, nourri de logiciels libres, pourrait y contribuer.

Changer de perspective. L'incroyable concentration capitalistique qui se déroule sous nos yeux siphonne l'économie mondiale et pervertit l'esprit de l'Internet. Il faut revenir aux fondamentaux. Quel projet politique peut-on formuler pour le réseau des réseaux ? Vers quoi voulons-nous qu'il s'oriente ? A mon sens, rien de moins que vers une invention majeure, analogue à la «perspective spatiale», qui marqua le passage du monde hiérarchisé du Moyen Age à celui, géométrisé, de la Renaissance. Il faut quitter l'ère de la «perspective temporelle» née avec le télégraphe, dont les derniers points de fuite sont les émetteurs de télévision et les sites web tels que nous les connaissons. Il s'agit d'entrer dans le temps de la «perspective numérique» (8), dont les «codes de fuite» universellement partagés permettront aux communautés humaines de se former et d'échanger comme elles l'entendent. Si la République a encore un sens, elle doit tout faire pour que ce qui constitue désormais le coeur invisible des échanges humains ne soit pas une fin, mais un moyen. Ainsi, le réseau pourra contribuer à répondre aux grands enjeux planétaires, et à inventer de nouvelles manières de vivre ensemble.

(1) http://overcrowded.anoptique.org

(2) http://maay.netofpeers.net

(3) http://vreng.enst.fr

(4) http://p2pfoundation.net

(5) http://ipv6pourtous.free.fr

(6) http://paigrain.debatpublic.net/?page_id=57

(7) http://rubyurl.com/EjB (rapport Lévy-Jouyet)

(8) http://perspective-numerique.net

Le nouveau Lookdir.net s'appuie des librairies Prototype et Script.Aculo.us des framework Javascript pour assurer une compatibilité Javascript accrue avec la plupart des navigateurs du marché. Le framework donne accès à des objets et fonctions qui accélèrent sensiblement la conception de sites dynamiques : Ajax et le DOM en sont les principaux bénéficiaires. La recherche sur Lookdir.net va plus vite et la présentation des résultats ont été optimisée pour les utilisateurs en tenant compte des règles d'accessibilité.

Vous pouvez dès à présent effectuer des recherches sur le nouveau Lookdir.net et vous appuyez sur la recherche par tags. La couleur et la taille des ses mots-clés correspond à la popularité des requêtes que les utilisateurs font sur Lookdir.net.

Nouvelle version : Lookdir.net version 2

Par Admin, lundi 29 janvier 2007 à 09:57 :: Actualités

C'est parti, Lookdir.net se fait une beauté et change de logo et de concept en cours de route à la demande des utilisateurs. Mais ne vous inquiétez pas vos sites web préférés sont toujours là. Lookdir.net s'oriente vers un concept digg-like en ajax pour une meilleur prise en main, navigation et rapidité.

Vous pourrez Rechercher, Référencer et Promouvoir vos sites web préférés sur Lookdir.net. Lookdir.net a besoin de vous. N'oubliez donc pas de revenir régulièrement voir cette nouvelle version. Cela veut dire que dans les prochains jours et semaines d'autres nouveautés seront mises en ligne. L'objectif principal de cette nouvelle version est d'implémenter de nouvelles fonctionnalités et de corriger les bugs que vous nous avez soumis. Vous pouvez suivre le développement en direct sur http://v2.lookdir.net

Nouveauté Lookdir.net :

  • Un nouveau panneau de configuration
  • Plein de nouvelles fonctionnalités
  • Un nouveau design et des thèmes de couleur
  • Une performance et une compatibilité accrue
  • Un outils de promotion de sites Web

N'hésitez pas à poster vos commentaires.

A très bientot...

Vers un Web 3.0 ?

Par Admin, dimanche 19 novembre 2006 à 11:57 :: Actualités

A peine le web 2.0 et ses concepts disruptifs commence-t-il à révéler son réel potentiel que l'on commence déjà à parler de la prochaine itération : le web 3.0.

Ce mystérieux web 3.0 est-il une réalité aujourd'hui ? Non, pas du tout. Est-il opportun d'en parler dès maintenant ? Oui, car les fondements d'une ère nouvelle pour les services en ligne sont en train d'être façonnés.

Pour mieux comprendre et appréhender les enjeux de cet (hypothétique) web 3.0, il me semble important de revenir sur les anciens modèles, de les comparer avec les modèles actuels et de se projeter dans un avenir proche.


Web 1.0 : une expérience intégrée

La première version moderne du web, celle que nous avons connu à la fin des années 90 (je fais abstraction des débuts laborieux de l'internet), correspond schématiquement à une expérience intégrée de bout en bout par de gros acteurs.

Si nous prenons comme exemple le choix et l'achat d'un produit culturel (livre ou CD), une des expériences les plus complexe en ligne, nous constatons que des acteurs comme Amazon étaient présents sur l'ensemble de la chaîne de valeur :

  • La découverte dans les têtes de rubriques et sous-rubriques ;
  • La validation avec les notes et avis des autres utilisateurs ;
  • L'achat avec la liste de souhaits ou le panier ;
  • Le paiement qui est intégré au site.




Web 2.0 : une expérience collaborative et déstructurée

Si l'on se place maintenant dans la peau d'un internaute averti (les fameux power user), il dispose d'une palette bien plus large de sources d‘informations et de services marchands. Ces derniers sont autant de nouveaux maillons de la chaîne de valeur qui viennent se substituer aux précédents.

L'expérience de l'utilisateur tout au long de son achat sera complètement déstructurée :

  • La découverte d'un produit peut se faire sur des blogs ou des réseaux sociaux affilié, sur des moteurs de recommandations comme Pandora ou au sein de communautés d'achat comme ShopWiki ;
  • La validation d'un choix peur se faire sur des portails de social shopping comme Crowdstorm ou sur des sites spécialisés comme LibraryThing (pour les livres) ou Yahoo! Tech (pour les gadgets technologiques) ;
  • L'achat peut se faire sur des boutiques en marques blanches comme celles que propose Amazon (aStore), eBay (eBay Stores) ou encore Zlio ;
  • Le paiement peut enfin être déporté sur des systèmes d'encaissement comme ceux de PayPal ou de Google Checkout.




Web 3.0 : une expérience immersive et étendue

En anticipant une montée en puissance de services innovants qui commencent à voir le jour, il est possible d'identifier encore de nouveaux maillons pour une chaîne de valeur qui ne se limitera plus au web.

L'expérience d'achat de l'internaute sera d'une part plus immersive mais surtout plus étendue à d'autres domaines que le web :

  • La découverte de produits pourra se faire dans des univers virtuels (comme ceux d'Habbo Hotel ou de Second Life), dans des jeux en ligne (comme dans World of Warcraft ou le Xbox Live) ou à l'aide de widgets (comme ceux proposés par le Dashboard d'Apple ou Yahoo! Widget) ;
  • La validation des produits serait fondée sur des services indépendants qui s'appuieraient sur des systèmes de gestion universelle de la réputation des prescripteurs (comme ceux de BazaarVoice, iKarma ou Rapleaf) ;
  • L'achat pourrait se faire à l'aide d'un mashup marchand comme celui de Cooqy ou à l'aide d'applications marchandes connectées comme le Mozilla Amazon Browser ;
  • Le paiement pourrait enfin se faire directement au sein du système d'exploitation (en exploitant le futur CardSpace de Vista), sur d'autres terminaux (comme les mobiles à l'aide de PayPal Mobile) ou à l'aide de moyens de paiement qui sont utilisés dans les univers virtuels (en Linden Dollars par exemple puisque des banques vont prochainement proposer des services bancaires dans Second Life).




C'est pour quand le Web 3.0 ?

Pour l'instant il est encore beaucoup trop tôt pour pouvoir faire une prévision fiable, d'autant plus que ma comparaison ne prend en compte que la facette marchande du web (ce qui est loin de refléter sa richesse).

Ce qui est certain par contre, c'est que nous allons progressivement déporter une partie des services que nous utilisons sur le web vers notre poste de travail (à l'aide de widgets ou de RDA) ou vers nos terminaux mobiles. De même, la gestion de notre identité numérique va prendre une place bien plus importante.

Notre mode de consommation de l'information ou des services en ligne va donc s'éloigner du web (et ses pages HTML) au profit de l'internet (et ses applications connectées). Il serait donc plus juste de parler d'internet 3.0 plutôt que de web 3.0.

Je vous donne donc rendez-vous dans un an ou deux pour vérifier si cette prédiction se réalise ou si nous évolueront vers des services encore plus sophistiqués.

Microformats + RDF + OWL = GRDDL

Par Admin, lundi 30 octobre 2006 à 17:26 :: Actualités

Le W3C vient de publier un draft d'une nouvelle spécification baptisée GRDDL : World Wide Web Consortium Releases First Version of GRDDL Specification. Le but de cette spécification est d'unifier les différents formats relatifs au web sémantique.

Le principe est le suivant : utiliser une norme commune (GRDDL) pour traduire tous les formats en RDF et assurer ainsi leur compatibilité :

Pour vulgariser un concept assez dur à comprendre, l'équipe du W3C propose une série de cas d'utilisation : GRDDL Use Cases.

Je suis ravi de constater que le W3C assoupli un peu sa position et propose une solution pour faire cohabiter les différentes initiatives de formats de web sémantique.

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